• Titouan Lallemand

Portrait : Davide Ballerini, le nouveau Loup

Après un début de carrière en dents de scie, Davide Ballerini semble atteindre son meilleur niveau en ce début de saison 2021, dans la continuité de sa saison 2020, très régulière. Son arrivée au sein du Wolfpack en 2020 n'y est pas étrangère et lui offre la possibilité d'enfin exploiter son potentiel chez Deceuninck Quick-Step. Décryptage.



A son arrivée dans le peloton professionnel, Ballerini était d'abord vu comme un coureur de classiques. Capable de bien passer les bosses, il était aussi habile sur les pavés, tout en ayant une bonne pointe de vitesse. Cependant, la polyvalence n'est pas toujours un atout et Ballerini semblait petit à petit se perdre, avant de devenir un bon sprinteur. Une évolution qui ne doit pas faire oublier ses autres qualités. A 26 ans, son destin semble maintenant tout tracé.


Des début pro difficiles


Avant de passer professionnel chez Androni, l'Italien était difficile à catégoriser. A l'aise sur le Piccolo di Lombardia (Tour de Lombardie chez les jeunes), Ballerini ne brille pas particulièrement le reste de la saison, que ce soit au sprint ou sur les courses vallonnées. Engagé en tant que stagiaire au sein de la Tinkoff, son passage n'est pas un franc succès, malgré un nouveau top 10 en Lombardie. Des résultats qui poussent Tinkoff à ne pas lui offrir de contrat pro.


C'est donc Androni qui lui offre cette chance, pour deux saisons en tant que néo-pro. Sa première année est loin d'être fantastique mais fait partie de l'apprentissage d'un jeune coureur. Il s'illustre malgré tout sur le Tirreno, ramenant le maillot de la montagne (oui, de la montagne), à San Benedetto. En 2018, on voit la première évolution du jeune Ballerini, qui a gagné en puissance. Il réalise plusieurs top 10 sur ses terres, sur des courses d'un jour, grâce à sa pointe de vitesse et à sa capacité à bien passer les bosses. Il est par la suite très actif sur son premier Grand Tour, s'immisçant régulièrement dans les échappées. Cependant, c'est véritablement en fin de saison que Ballerini se révèle, avec deux victoires sur le Troffeo Matteotti et le Parco Pantani. Les deux fois, il règle au sprint un petit groupe d'une quinzaine de coureurs. On commence alors à entrevoir quel genre de coureur sera Ballerini. Aurait-il trouvé son style ?


Ses belles performances lui ouvrent les portes du World Tour, Astana sautant sur l'occasion pour récupérer un profil sur le papier très intéressant. Mais sa saison est largement moins bonne qu'espéré. Aucune victoire. Cependant, il termine certaines grandes classiques dans le top 20, montrant sa capacité d'endurance et résistance. Des indicateurs qui suffisent malgré tout à intéresser Patrick Lefevere et son Wolfpack.


Son arrivée chez Deceuninck est donc une vraie opportunité pour lui, dans une équipe tant habituée à la victoire. L'Italien a tout à y gagner. Grâce au train de l'équipe belge, Ballerini se découvre sur les sprints massifs, et remporte sa première victoire sur le Tour de Pologne, devant Pascal Ackermann tout de même. Par la suite, il enchaîne les résultats positifs avec notamment une 2e place sur les championnat d'Europe avant de frôler la victoire sur le Giro face à Démare et Sagan. Une étape où la photo finish fit le tour du monde.

Sur sa lancée de la saison 2020, Ballerini semble avoir franchi un nouveau cap et obtenu un nouveau statut dans l'équipe Deceuninck. Ses deux victoires sur les deux premières étapes du Tour de Provence en attestent. Il aura cette fois-ci réussi à prendre le pas sur Arnaud Démare.


Son profil : Des similitudes avec Peter Sagan


Comme vous l'avez compris, Ballerini a évolué dans ses caractéristiques. D'abord vu comme un coureur passe-partout, le coureur de 26 ans semble aujourd'hui être un sprinteur mais un sprinteur polyvalent. Capable de passer les bosses, comme sur le Tour de la Provence, il a cet avantage que n'ont pas les purs sprinteurs comme Ackermann, Groenewegen ou Gaviria par exemple. Un profil qui rappelle celui d'un certain Peter Sagan. C'est aussi un atout dans sa concurrence interne avec Sam Bennett, même si ce dernier, avec son maillot vert sur le Tour de France 2020, conserve de l'avance dans la hiérarchie. On devrait donc le voir à son aise sur Flandriennes, Milan-San Remo ou sur les Strade Bianche, avant pourquoi pas de tenter d'aller chercher le maillot cyclamen sur le Giro.


Nos attentes : Classiques et maillots distinctifs


En 2021, cela doit être l'année de l'explosion pour Ballerini et nos attentes sont grandes. Pour confirmer nos propos, nous espérons d'abord au minimum un top 10 sur les Strade Bianche et Milan-San Remo. S’il n'aura pas forcément le leadership sur la Primavera, il pourrait le récupérer selon la physionomie de course. Plus la course sera dure, plus cela le favorisera au profit de son équiper Sam Bennett. La suite de son calendrier n'est pas définie mais nous espérons le voir sur Gend-Wevelgem, où il peut jouer la victoire (top 3) ainsi que sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix. Il n'aura peut être pas le statut de leader mais pourrait surprendre au vu de sa puissance. Ensuite, il ira sur un Grand Tour, probablement sur le Giro et il sera sans aucun doute un concurrent majeur pour le maillot Cyclamen.


Pour les prochaines saisons, on peut clairement l'imaginer comme un candidat sérieux au maillot vert. Son profil est clairement adapté même si la concurrence sera rude. Le voir briller sur les classiques canadiennes est aussi une possibilité. Finalement, Ballerini a toutes les cordes à son arc pour briller dans les prochaines années, surtout s‘il reste dans une équipe aussi forte que la formation Deceuninck.







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