Tour de France 2022 : Le Danemark a réussi son Tour ?

Pour son premier Grand Départ de la Grande Boucle, le Danemark a plus que largement réussi son coup, avec un peuple danois au rendez-vous, des images magiques et une ferveur incroyable, qui a même ébloui le peloton du Tour. Et peu importe que le côté sportif ait un peu déçu.


On attendait monts et merveilles de ces trois jours au Danemark, de ce fameux pont du Grand Belt et des bordures que tout le monde attendait. Mais la météo a toujours aimé prendre le contrepied des attentes du peloton et des spectateurs. Le vent était de face ce week-end et les coureurs ont évité le périlleux exercice des bordures. Tant mieux pour les leaders, qui redoutaient cette épreuve, moins pour le spectacle. Il aura été plus que compliqué d’éviter de tomber dans les bras de Morphée devant la télévision que les grosses chutes intervenues au sein du peloton, samedi comme dimanche. Les deux étapes en ligne se sont résumées à deux arrivées massives et même les échappées n’auront guère été passionnantes, personne n’osant même prendre celle de dimanche avec Magnus Cort Nielsen (EF Education-EasyPost).


« Dans les équipes, on devient un peu comptable »


Un seul coureur dans l’échappée de la 3e étape du Tour, on avait rarement vu ça. Mais le peloton est devenu calculateur, de plus en plus, encore plus qu’il ne l’était déjà. « Ce sont des étapes qui coûtent très cher sur le plan physique, nous expliquait le manager général d’Arkéa-Samsic Emmanuel Hubert. La dépense physique quand tu es devant sur ce genre d’étape se paie cash par la suite. Sans oublier que certaines équipes se sont peut-être dit aussi que la 4e étape avait plus de chances d’aller au bout. Dans les équipes, on devient un peu comptable, on calcule le moindre effort fait. Un Tour de France, c’est long et un équipier qui fait une longue échappée, ça coûte cher dans les quatre-cinq jours qui suivent ».

En attendant, ce sont trois jours de course qui ont déçu, car la pluie qui s’est abattue vendredi sur Copenhague a quelque peu joué sur le scénario du contre-la-montre, et donc sur son équité. C’est la météo, c’est le jeu, mais cela laisse un arrière-goût amer en bouche. Heureusement pour nous comme pour le Danemark, le reste aura été une explosion de saveur. Christian Prudhomme disait des Danois lors de la présentation du Tour qu’ils étaient des « amoureux de la Grande Boucle ». On ne le contredira pas et lui non plus ne se contredira pas. Loin de là. « Il y a une passion, un enthousiasme et une ferveur absolument exceptionnelle que l'on cherche quand on va dans un pays étranger, surtout aussi loin que le Danemark, expliquait pour France Info le directeur du Tour de France. Je dois dire que ça a dépassé nos attentes ».


"Ceux qui décrient un Grand Départ à l’étranger…bah il n’y a pas photo"


Car, pour l’aimer, les Danois l’aiment le Tour. Du chrono dans la capitale au dernier kilomètre dans Sonderborg en passant par Nyborg, la campagne danoise, Sjælland, Fyn ou encore Jylland et autant de paysages aussi variés que sublimes, le succès populaire du Tour au Danemark était au rendez-vous. Encore plus qu’il ne l’est en France. « Ceux qui décrient un Grand Départ à l’étranger…bah il n’y a pas photo, avouait Emmanuel Hubert. Même si les départs en France restent toujours très sympas, l’engouement et le nombre de Danois sur le bord de la route était remarquable ». D’autant que le public, très nombreux, n’a jamais été à l’origine de chute, comme cela avait pu être le cas l’an passé. « De ce que j’ai vu, de ce que j’ai comme retours des coureurs, on avait un public sérieux, qui ne débordait pas, respectueux des coureurs », racontait le manager général d’Arkéa-Samsic.

Un public qui n’a cessé d’impressionner les coureurs, pas forcément habitués à pareille fête, y compris sur le Tour. « C'était impressionnant, il y avait un monde fou et pas un seul endroit sans spectateur sur la route », racontait Pierre Rolland à France Télévisions, avant de confier dans un tweet : « Aujourd'hui, j'ai fait du vélo dans un stade de 200 kilomètres ». Sans doute le meilleur résumé de l’ambiance mise par les Danois sur le bord de la route. Coureurs, staff, organisation, spectateurs… La ferveur danoise a séduit absolument tout le monde et la fête populaire tant attendue a bel et bien illuminé ces trois premiers jours de course. Dommage que le sportif n’ait pas été à la hauteur : on aurait eu le meilleur Grand Départ de l’histoire.

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