• Romain Bougourd

Max Kanter (Team DSM), une tradition du sprint à honorer

Troisième d’étape sur la dernière Vuelta lors d’arrivées au sprint, le jeune Allemand du Team DSM Max Kanter est considéré comme l’avenir du sprint outre-Rhin, et sa formation place de grands espoirs en lui pour 2021.


Alors qu’on prédisait au Team Sunweb une année 2020 difficile, avec le départ de son leader Tom Dumoulin, l’équipe allemande a surpris tout son monde en remportant trois victoires d’étape sur le Tour de France, avec une stratégie sur le long terme payante et rare en cyclisme : miser sur les jeunes et sa filière de développement. Emmenée par Marc Hirschi, la jeune garde décomplexée a fait mieux qu’exister, et il est fort à parier que le grand public découvrira cette année encore quelques pépites issues du Team Sunweb Development. Le sprinteur d’ex-Allemagne de l’Est Max Kanter sera probablement l’un d’eux.


Son début de carrière :


Car le jeune homme de 23 ans a tout pour réussir chez les pros, à en croire son palmarès et son ascension régulière chez les jeunes, ainsi que les espoirs placés en lui. Originaire de Cottbus à deux pas de la frontière polonaise, ce blond aux joues bien rondes s’est très vite fait une réputation. Après 7 ans passés dans le club de sa ville et une année au sein de l’équipe régionale LKT Brandenburg (d’où sont issus notamment Roger Kluge et Niklas Arndt), Kanter rejoint l’équipe de formation de Sunweb, à 20 ans. Ce changement d’équipe lui permet très vite de devenir la référence du sprint chez les U23 allemands : il devient champion national espoir deux années d’affilée, en 2017 et 2018, succédant au meilleur sprinteur allemand du moment, Pascal Ackermann.


Il obtient d’autres résultats notables (7e des mondiaux espoirs en 2017, remportés par Benoit Cosnefroy, et 2e du Tour des Flandres espoirs en 2018) avant de signer chez les professionnels en 2019 au sein du collectif d’Iwan Spekenbrink. A même pas 22 ans, Kanter découvre donc le World Tour pour une année d’apprentissage, lors de laquelle il peine à finir les courses auxquelles il participe. Mais son année 2020 est beaucoup plus prometteuse. Après une tournée australienne sans relief, il termine plusieurs fois sur le podium au Tour de République Tchèque, avant de s’offrir de vraies performances probantes lors de son premier Grand Tour, la Vuelta. 3e des 9e et 18e étapes, Kanter tutoie le top niveau mondial qu’incarnent Sam Bennett et Pascal Ackermann. De belles promesses de fin de saison qui laissent entrevoir un avenir radieux pour le jeune Teuton.


Pas un pur sprinteur


Si Kanter est un sprinteur prometteur, il ne fait pas partie de la catégorie des « purs sprinteurs » comme l’étaient Greipel ou Kittel, ses illustres prédécesseurs allemands. Du haut de son mètre 76 et avec 68 kilos, le natif de Cottbus se rapproche des fauves qui apprécient les sprints en légère côte, comme Sagan ou Matthews. Il compense son manque de puissance athlétique par cette qualité et cette endurance. Il confiait d’ailleurs son attrait pour ce type de sprint au début de l’année 2020