La Tropicale Amissa Bongo, la rentrée sous les tropiques

Organisée depuis 2006, la Tropicale Amissa Bongo est devenue une course de rentrée prisée des formations World Tour et Pro Tour françaises. En 15 participations, la Tropicale a fortement contribué au développement du cyclisme africain. Après deux ans d'absence, l'édition 2023, prévue du 23 au 29 janvier, est très attendue.

« Je suis impliqué dans l’organisation de l’Amicale Amissa Bongo depuis 2006. Je suis admiratif du développement du cyclisme africain. » En nous confiant ces mots, en mars 2019, le quintuple vainqueur du Tour de France, Bernard Hinault, donnait déjà des éléments intéressants pour comprendre l’importance et l’enjeu du Tour du Gabon, mieux connu sous la dénomination de l’Amicale Amissa Bongo. Créée en 2006, sous l’impulsion du président d’alors, Omar Bongo, la course est l’une des plus anciennes du continent africain. Elle représente même, avec le Tour du Rwanda, un véritable tremplin vers les sommets.


Histoire


Fondée en 2006, la Tropicale est le résultat des relations entre le Gabon, pays hôte, et la France. Ancienne colonie française jusqu’en 1960, le Gabon est situé en Afrique centrale. Traversé par l’équateur, le pays compte 2,3 millions d’habitants mais surtout de nombreux parcs nationaux protégés, comme ceux de la Lopé et d’Ivindo, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Les ressources en pétrole lui ont permis d’être un pays prospère. Toutes les conditions étaient donc réunies pour organiser une course cycliste au milieu de formidables paysages. Si ASO, le champion français de l’événementiel cycliste, n’est pas directement impliqué dans le lancement de l’épreuve, elle n’y est pas totalement étrangère. Jean-Claude Hérault, ancien directeur adjoint du Tour, décédé en avril dernier, est le véritable fondateur de la course, aux côtés de Philippe Crépel et donc de Bernaud Hinault. Cet axe franco-gabonais se reflète rapidement dans la nationalité des participants. De nombreuses équipes françaises s’engagent dans cette épreuve généralement organisée en janvier, pour offrir une préparation chaude et ensoleillée aux Européens. Si le premier vainqueur est Finlandais, en la personne de Jussi Veikkanen (FDJ), les Français brillent ensuite au Gabon, avec 7 victoires de suite. Frédéric Guesdon, Lilian Jégou, Yohann Gène mais surtout Anthony Charteau, triple vainqueur de l’épreuve, inscrivent leur nom au palmarès.


Si à la vue de ces noms, la course ressemble à un terrain de jeu pour les équipes françaises historiques, la Tropicale ne cesse d’attirer de nouveaux noms et de participer au développement du cyclisme africain. En 2014, l’Erythréen Natnael Berhane s’impose devant Luis Leon Sanchez et devient le 1er africain à s’imposer au Gabon. Deux coureurs du continent apposeront leur nom au palmarès. L’essor de la course se poursuit avec un podium 2019 de renom : Niccolo Bonifazio, Lorenzo Manzin et André Greipel. Un développement coupé par le Covid : après une édition 2020 prometteuse, celles de 2021 et de 2022 sont annulées. En 2023, la Tropicale fait son retour, et cherche à renaître sur de bonnes bases.


Parcours


Le Tour du Gabon se dispute généralement en 7 étapes, de quoi offrir un véritable spectacle et un long feuilleton, mais aussi pour permettre aux équipes européennes de rentabiliser leur déplacement. En 2020, la course était partie du Cameroun, pays limitrophe du Nord du Gabon, et s’était terminée, comme le souhaite la tradition, dans la capitale Libreville, sur la côte Ouest. En 7 étapes, les coureurs sillonnent ce pays relativement plat et traversent les magnifiques parcs nationaux. La plupart des étapes sont faites pour les sprinteurs, et rares sont les passages aux forts pourcentages. Le dénivelé positif n’excède jamais 500 mètres. En 2020, la 2e étape entre Bitam et Oyem (115km) offrait une fin de parcours en circuit avec une jolie cote dans les derniers kilomètres.


En attente du parcours définitif.


Météo


La course porte bien son nom, puisque le Gabon est un pays au climat tropical, chaud et humide, mais dont l’alternance de saisons sèches et humides offre des fenêtres plus propices aux courses de vélo. Organisée au moins de janvier, la Tropicale profite de la fin de la courte saison sèche qui commence en décembre. Les températures tournent autour de 25 degrés, mais des précipitations sont très possibles. Si les coureurs avaient été épargnés en 2020, pas sûr qu’ils le soient chaque année.


Edition précédente (2020)


La précédente édition de la Tropicale était certainement une des plus disputées, avec un vainqueur final (Jordan Levasseur, Natura4Ever- Roubaix Lille Métropole) s’imposant seulement une seconde devant son dauphin érythréen Natnael Tesfatsion, également meilleur jeune de l’édition. Mais elle est surtout la course de la première révélation pour le sprinteur-puncheur érythréen Biniam Girmay. Vainqueur de la 3e étape en 2019 avant de rejoindre la formation Delko, il remporte les 3e et 6e étapes au sprint, lançant parfaitement sa saison. C’aurait d’ailleurs pu être une édition marquante pour l’Erythrée, étant donné que Natnael Tesfatsion était leader du général durant la moitié de la course. Mais grâce aux bonifications, Jordan Levasseur a décroché la timbale.


Favoris (2023)


En attente de la startlist.

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