• Romain Bougourd

L’électrique, l’avenir du cyclotourisme ?

Mis à jour : août 5

A l’heure d’une remise en cause de nos pratiques économiques et touristiques, le vélo électrique apparaît comme une solution responsable pour des transports et un tourisme responsable et écologique.


Autrefois considéré comme l’avenir du dopage, le vélo électrique a réussi à se trouver un futur beaucoup plus positif et prometteur. Plus qu’un loisir ou une activité sportive, la bicyclette à moteur s’invite dans la catégorie des moyens de transport propres, agréables et aux multiples facettes : s’il est apprécié en ville, il permet de s’échapper à la campagne, à la découverte de la nature et de ses versants les plus escarpés. « Franchement, avec les vélos électriques, on peut se permettre de très belles ascensions », confie Jean Sulpice, chef doublement étoilé, qui s’échappe régulièrement dans les hauteurs du lac d’Annecy. « Mon épouse vient avec moi en vélo électrique et on fait l’Iseran, le Cormet de Roselend, elle prend autant de plaisir que moi, sans avoir peur de ne pas être au niveau », raconte cet acharné de vélo. Un attrait pour l’instrument que partagent de nombreux Français, en témoignent les ventes de « VAE » (vélo à assistance électrique) en France ces dernières années : 120 000 en 2016, 254 000 en 2017 et 340 000 en 2018, soit une croissance de 183% entre 2016 en 2018.


L’électrique s’impose en ville…


Une croissance largement soutenue par une aide nationale de l’Etat pour tout achat d’un vélo électrique. Lancée en février 2017 et reconduite en 2018, cette prime permettait de financer jusqu’à 20% du vélo électrique, et aurait entraîné plus de 50 000 demandes de subvention par mois en 2017. Un réel succès qui a permis de rebooster l’industrie du cycle, qui a connu certaines difficultés lors des dernières décennies. D’autant qu’au-delà des particuliers, les collectivités et acteurs du tourisme se sont également lancés dans l’aventure électrique. « Les vélos électriques révolutionnent la pratique du vélo », avance sans concession Michel Valla, maire de Privas, préfecture de l’Ardèche. « On imagine de nouvelles pratiques pour toucher les enfants qui vont à l’école, mais aussi des retraités, qui sont maintenant capables de faire des promenades dans des lieux particulièrement escarpés », poursuit-il. La croissance est d’ailleurs double : en 2018, 60% des VAE ont été achetés en ville. Largement répandus dans les grandes métropoles, les services publics de location de vélo (Vélib’ à Paris, Vélov’ à Lyon) surfent sur cette vague de l’électrique pour attirer plus de pratiquants. En mars 2019, le nombre d’abonnés Vélib’ s’élevait à 163 000, soit 33 000 de plus qu’un an auparavant. 50% des bicyclettes sont désormais électriques.


Une évolution qui va de pair avec l’augmentation des pistes cyclables dans l’Hexagone, largement soutenue par la crise sanitaire et le retour en grâce du deux-roues. « La crise nous a amené à développer le vélo pour circuler comme l’été dans la métropole et dans la ville. Des grands axes devraient être dédiés à la pratique du vélo. Il s’agit de transformer des voies de voitures et de bus en voies vélo, en plus des pistes cyclables », nous confiait Denis Zanon, directeur de l’office de tourisme niçois. Des politiques publiques menées dans de nombreuses communes françaises, à différentes échelles mais pour promouvoir et faciliter l’utilisation de ce transport propre. Le vélo apparaît plus que jamais comme l’avenir du transport, et sa variante électrique semble porter une transformation du tourisme, qui se veut à l’avenir à l’opposé du tourisme de masse, « diffus », pour reprendre le mot de Michel Valla.


…et part à la conquête de la campagne et des itinéraires sportifs


Car le tourisme à vélo, ou cyclotourisme, est en plein essor en France depuis plusieurs années. En 2017 déjà, la France était la deuxième destination mondiale dans ce secteur, derrière l’Allemagne, avec plus de 9 millions de séjours par an, d’après des chiffres de la Direction Générale des Entreprises (DGE). Avec 22 800 km de véloroutes et voies vertes, les touristes (dont 25% sont des étrangers) ont de quoi faire. Ce qui se confirme avec le développement d’un autre type de vélo électrique, lui aussi intéressant pour le secteur du tourisme, le gravel. A mi-chemin entre le VTT, le vélo de route et le cyclocross, ce vélo aux roues larges est le plus en vogue ces derniers mois. Dans un article paru dans L’Equipe après quelques semaines déconfinées, un vendeur spécialisé confiait en vendre presque autant que des vélos de route. )


Ce n’est donc pas un hasard si les ouvertures d’itinéraires de gravel, VTT et VTT électriques se multiplient partout dans l’hexagone. « Nous lançons cet été l’ouverture de l’itinéraire de Auron, au sommet du Mercantour [à 100km au nord de Nice, ndlr]. Il y a des points d’étapes avec des ateliers techniques pour recharger les batteries, faire des réparations éventuelles, se restaurer et avec des hébergements. Vous partez du sommet de la montagne avec des points aménagés, et vous finissez à Nice, au bord de mer », nous racontait Denis Zanon. De quoi donner des idées aux amateurs de vélo, mais aussi à ceux qui imaginent leurs prochaines vacances dans le Sud.

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Par Romain & Titouan

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