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Interview Bixente Lizarazu : "Ne jamais mettre le pied à terre"

Consultant phare des Bleus sur TF1, Bixente Lizarazu nous a accordé une interview et évoque en quoi le cyclisme est important à ses yeux. L'ancienne gloire de l'équipe de France nous parle sans filtre de sa passion. L'amour qu'il porte pour les cols lui permet de se lancer des défis cyclos à travers la montagne. Rencontre avec un passionné de cols.

Vous êtes un grand footballeur, figure emblématique de l’équipe de France de football en 98 et 2000. Mais vous êtes aussi un sportif accompli : surf, ski, plongée sous-marine, randonnée, jujitsu brésilien... Qu’est ce qui vous a amené au cyclisme ?


Le cyclisme m’apporte une condition physique générale optimale sur le plan cardio-vasculaire. La discipline me permet d’être au top dans tous les sports que je pratique. C’est mon sport de base car il me rend endurant. Par exemple, le jiu-jitsu c’est de la lutte et cela demande plus d’explosivité. Quand j’ai de « la caisse » en vélo, je peux m’entrainer plus. J’ai une meilleure condition que les autres grâce au vélo. Tout est plus facile quand tu as la condition physique. Je ne suis jamais asphyxié, ni essoufflé. C’est d’un grand confort. Je garde de la lucidité et donc je garde la technique. Je suis mieux. En plus, c’est un sport extraordinaire sur le plan physique et mental. Quand je suis fatigué, c’est top car il me permet d’éliminer la fatigue. Après la Coupe du Monde au Qatar, je me sentais fatigué et ça m’a nettoyé, même drainé. Dans tous les cas de figure, c’est toujours bon de faire une sortie de vélo. Il faut juste être à l’écoute de son corps et ne pas se laisser embarquer par quelqu’un de plus rapide que toi. C’est le risque. Par contre, si tu as les jambes et la condition, c’est un sport qui permet de te challenger avec d’autres, en tentant de les suivre dans les cols.


Sur le plan mental, le cyclisme est aussi essentiel ?


Sur ce plan-là, c’est un nettoyeur parfait pour moi. J’efface tout ce qui me tracasse grâce au vélo. Je règle les problèmes, en tout cas j’arrive à les rendre moins désagréables. C’est assez incroyable. Si j’ai une matinée avec des questionnements, je pars à vélo et je trouve même des solutions !


Vous êtes sensible également à l’environnement dans lequel vous pratiquez la discipline ?


Je suis évidemment un amoureux de la nature depuis toujours. Je pratique des sports de plein air dans des lieux incroyables grâce au ski, surf, et la plongée sous-marine. Mon père était moniteur de plongée, j’en ai fait dès mes 10 ans. Je pratique également la randonnée à ski , que j’ai découvert de facon intensive pendant le confinement. C’est un sport incroyable qui ressemble beaucoup à l’ascension de cols cyclistes. Je ressens le même effort. C’est très complémentaire. Ici au Pays Basque, on a accès à la montagne, à la verdure qui est de toute beauté. On a des petits coins très calmes et très beaux en étant au début des Pyrénées. J’aime énormément faire du vélo l’été en montagne parce que je trouve la tranquillité qu’il n’y a pas sur les plages… J’ai besoin de me ressourcer avec la nature, de voir les Pyrénées devant moi. En plus je trouve qu’il y a quelque chose de jouissif à fournir un effort violent dans un paysage grandiose. Je suis un aficionado de la pente raide à vélo. Et chez moi au pays basque , on est bien servi… J’adore cela.


En parlant de paysages, quelles sont vos sorties préférées que vous recommanderiez ?


(Il rigole.) Faut aller les chercher ! Et d’ailleurs je veux la tranquillité donc je ne veux plus donner de nom (rire) ! Nous avons beaucoup de cols très pentus entre 10 et 20% au Pays Basque que je pourrais recommander mais le mieux est de les découvrir par soi-même. D’ailleurs, c’est curieux, j’ai un profil plutôt de sprinteur mais dans ma tête je suis grimpeur donc je recherche souvent ces itinéraires là. Chaque année, j’essaie de faire 6 ou 7 gros cols des Pyrénées. J’ai déjà fait le coin de Saint-Lary-Soulan avec les cols de Azet-Val Louron, Le Portet. Il y a aussi le col des lacs avec Cap de Long. J’ai également fait le Tourmalet, Aspin et la Hourquette d’Ancizan que j’adore ! C’est magnifique.


Vous aimeriez faire quels autres cols ?


Prochain challenge, ça serait d’enchainer Marie Blanque, Aubisque, Soulor, Spandelles et Hautacam. Et puis j’aimerai faire un tour dans les Alpes. Il y a plein de cols qui me font rêver là bas. Pour l’instant je fais des sortis de 3500d+ max même j’aimerai atteindre le challenge des 5000d+. Je ne suis pas inquiet sur les pourcentages, ni le matériel. Mais je serais curieux de dépasser ce que je fais d’habitude.


Vous vous fixez des objectifs en vélo ?


Ne jamais mettre pied à terre…Et je peux être très couillon avec cette règle (rire) .J’aime les cols très engagé en terme de pente. Parfois lors des sorties, tu croises des avions de chasse, des anciens coureurs pros ou des espoirs. Ils sont plus rapides que toi, il ne faut pas jouer avec eux parce qu’à vélo, quand tu te mets vraiment dans le rouge , tu peux passer un mauvais moment, la route peut devenir très longue…(rire).


Vous le pratiquez seul ou entre amis ?


Sur 2 ou 3 heures je peux y aller seul. Sur des sorties plus longues , c’est forcément avec les copains. J’aime partager ces instants et cela nous arrive de nous arrêter au milieu d’une grosse sortie pour déjeuner. Je connais plein d’endroits pour faire ça au Pays Basque. On mange dans les bergeries en haut des cols. On peut déjeuner léger avec une omelette et parfois plus lourd (rire). Une fois, avec un copain, nous sommes partis vers 8h et rentrés vers 16h. Nous nous sommes arrêtés manger et nous nous sommes baignés dans un torrent à cause de la chaleur. Dans ces cas là, le vélo devient une forme de voyage.


Cette année le Tour part du Pays Basque. Serez vous sur le bord des routes ? Que représente pour vous ce départ en tant que Basque ?


Bien sûr, je serai sur les bords de la route. L’an dernier j’ai été invité sur l’étape de l’Aspin (étape 17, ndlr). J’ai été dans une voiture avec le Directeur Adjoint, Pierre-Yves Thouault. Ce fût une super expérience de vivre une étape de l’intérieur, c’est magnifique. Tu es au contact des coureurs, tu les vois pédaler à coté en plein effort sur une longue durée. Tu es au courant de tout ce qui se passe. Tu vois en live et tu as une vue d’ensemble. Je dois dire que ce qui m’a plus le plus impressionné c’est la descente des cols. ! Moi en descente je ne joue pas du tout, je suis tranquille alors qu’eux… !


Justement, quel regard portez vous sur les cyclistes professionnels ?


C’est la compétition, c’est hyper exigeant, il faut gagner. Je trouve que c’est extrêmement difficile contrairement à ma pratique amateure où je n’ai pas d’enjeux de chrono. Quand je vois les entrainements qu’ils font sous la pluie, le froid, le vent ! Moi l’avantage, c’est que je peux choisir mes moments. Je sors quand les conditions météos sont bonnes, quand il fait beau Rouler sous le froid pourquoi pas, mais sous la pluie, c’est non ! C’est un sport magnifique quand on est amateur mais très dur quand on est professionnel .


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