• Romain Bougourd

Etape 12 : Chirac, la Corrèze en cathéter

L’ancien président de la République n’était pas un grand amoureux du Tour, mais a su l’honorer. C’est sur ses terres de Sarran-Corrèze que la 12e étape du Tour arrivera ce jeudi.


Près d’un an après le décès de Jacques Chirac, le Tour de France, qui aime faire de son parcours une succession de symboles, rend hommage ce jeudi 10 septembre à l’ancien président de la République française. Le tout en joignant la commune de Sarran Corrèze, où se trouve le château de Bily, propriété du couple Chirac. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois que la course rend hommage à un président ou une personnalité historique, et c’est là bien normal, tant le Tour a pris « dans l’imaginaire collectif, la place d’un mythe », comme l’écrivait l’ancien homme d’état lors du centenaire de l’épreuve, en 2003. « Il raconte, à sa façon, l’histoire des passions françaises. A travers un siècle d’évolutions sociales, il a su s’adapter, accompagner des phénomènes aussi différents que l’essor de la pratique sportive et des loisirs ou symboliser, à sa manière, la construction européenne, qui le conduit régulièrement à d’amicales incursions sur les routes de nos voisins », poursuivait-il.


« Jospin aime le sport, Chirac aime les sportifs »


Dans ce dernier domaine, nul doute que l’ancien maire de Paris savait de quoi il parlait. En honorant de sa présence, en tant que Premier ministre, le départ du Tour de France 1987 à Berlin, dans une Allemagne encore coupée en deux, il participait alors au départ du Tour le plus historiquement et politiquement marqué. Un geste fort et hautement symbolique qui n’illustre pourtant pas totalement la relation mitigée qu’entretenait Chirac avec la Grande Boucle. « Jospin aime le sport, Chirac aime les sportifs », avait déclaré Michel Platini, en opposant le président et son Premier ministre entre 1997 et 2002. Car en 12 ans de présidence, Jacques Chirac ne s’est rendu qu’à 3 reprises sur les routes du Tour. Dont une fois en 1998, lors de la 7e étape que sa femme Bernadette a tout fait pour obtenir. Partant de Meyrignac-l'Église, le peloton a parcouru 58 km de contre-la-montre jusqu’à Corrèze. Une étape marquée par la victoire de Jan Ullrich mais surtout par un épisode clé de l’affaire Festina : exclus par le directeur de l’épreuve, Jean-Marie Leblanc, Richard Virenque et ses coéquipiers quittent finalement le Tour après avoir convoqué une conférence de presse rocambolesque.


Entre villages typiques et gastronomie de terroir


Qu’importe, les Chirac étaient satisfaits que la plus belle course cycliste au monde fasse escale dans leur fief. Car pour le président d’alors, le Tour, c’est bien, mais la Corrèze, c’est mieux. « Mes racines plongent dans cette terre », rappelait-il à l’envi. Pourtant située au beau milieu de la si mal-aimée « diagonale du vide », la Corrèze reste un département aux nombreux sites remarquables. La qualifier de « coin de paradis », comme le font Trois Cafés Gourmands est subjectif, la considérer comme peu attrayante est en revanche plein de mauvaise foi. Entre les Châteaux de Val, de Turenne ou les Tours de Merle, mais aussi les villages de Collonges-la-Rouge, Curemonte ou Ségur-le-Château, classés parmi les plus beaux de France, le département compte de nombreux sites touristiques surprenants et agréables, dans le calme et sous le soleil. Les amateurs de gastronomie locale y trouveront également leur bonheur entre les fromages (Feuille du Limousin, Fôte des Bergères, Pavé Corrézien) et les produits du vignoble (vin de paille, Mille et Une Pierres, coteaux de la Vézère), entre autres. Enfin, pour les passionnés de vélo, de nombreux itinéraires sont à parcourir sur tout le département, avec notamment la véloroute Corrèze, qui relie en 146 km le plateau de Millevaches à la vallée de la Dordogne. Entre forêt, rivières, gorges et valons, la Corrèze a de quoi plaire. Ce n’est pas Jacques Chirac qui aurait dit le contraire.

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Par Romain & Titouan

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