Découverte de Col H.C : La Sierra Nevada, la Vuelta au Nirvana

Avec pas moins de sept étapes prévues en Andalousie, la Vuelta prend un air du sud. Des chaleurs importantes risquent d'assommer le peloton. Paradoxalement, c'est dans la région qu'aura lieu une arrivée en haute altitude, à plus de 2500m. Absente depuis 2017 de la Vuelta, la Sierra Nevada fait son retour sur le Grand Tour espagnol. Les coureurs emprunteront une route qu'ils connaissent pour la plupart. Découverte.


Un emplacement parfait


Située en Andalousie au sud de l'Espagne, la Sierra Nevada est le massif montagneux européen le plus élevé après les Alpes. La chaîne de montagnes est formée d'une succession de dômes permettant un accès facile grâce à la plus haute route de montagne d'Europe. Cette dernière serpente jusqu'à plus de 3150m d'altitude vers le Pico Veleta. Même si son nom hispanique signifie "montagne enneigée", les routes sont rapidement accessibles en sortie d'hiver. Les coureurs peuvent y aller très tôt dans la saison pour rechercher un climat doux et sec, peu commun ailleurs.

Les nombreuses journées ensoleillées andalouses, le fait de pouvoir descendre en plaine ou sur la côte de Grenade pour s'entraîner sont des attraits plus que suffisants.


Un haut lieu d'entraînement


Il s'agit d'un emplacement stratégique pour les sportifs, notamment cyclistes, en vue de s'entraîner à haute altitude. Avec de nombreuses routes à plus de 2000m, les coureurs professionnels aiment venir s'entraîner en Sierra Nevada. L'intérêt y est multiple. "Le premier est sur l'aspect physiologique car le fait d'être là permet d'être en déficit d'oxygène" précise Kévin Rinaldi, entraîneur de la team Arkéa Samsic qui pratique des stages dans la région en vue de préparer ses coureurs aux objectifs annuels, comme le Tour de France. "Il y a un manque d'apport d'oxygène dans le sang en haute altitude. L'adaptation va se faire chez les coureurs (...) avec la création de globules rouges pour compenser" ajoute-t-il. "Le muscle sera mieux oxygéné en plaine et il y aura un effet sur la performance qui va durer dans le temps."


Le centre sportif de haute performance, situé à 2320 mètres d'altitude, voit défiler tout au long de l'année des professionnels de tous les horizons. On retrouve un lieu idéal, où se donnent rendez-vous les grands champions, à l'instar du Teide dans les Iles Canaris.

Les équipes Jumbo-Visma avec Roglic et Van Aert, la Quick Step de Julian Alaphilippe ainsi que d'autres teams professionnelles, y posent leurs valises afin de se préparer au mieux.


Un profil différent


La Vuelta s'est fait une réputation grâce à ses étapes cassantes, ses fameux "repechos" (petites bosses très pentues) ainsi que grâce à ses courtes ascensions très raides. Une fois n'est pas coutume, la Sierra Nevada permettra une explication à des altitudes bien au-dessus de la moyenne des arrivées d'étapes de montagne (environ 1300 - 1500m) que propose le Grand Tour espagnol.

Le parcours sort donc de l'ordinaire avec 19,6km à 7,7% au départ de Guejar Sierra. Comme on peut le voir sur le profil à notre droite, les 6 premiers kilomètres sont les plus exigeants avec près de 9,75% de pente moyenne.

C'est notamment dû à une portion incroyable de deux kilomètres à 13,5%. C'est dans le dur que démarre la montée vers un des plus hauts sommets européens. Le reste de l'ascension est un enchaînement de pourcentages tout à fait accessibles. C'est l'usure de l'étape (notamment avec le Purche qui est quelques kilomètres plus tôt, avec 6km à 9,5%) la nervosité et aussi l'altitude qui joueront un rôle clé lors de la 15ème étape de la Vuelta. Au 11ème kilomètre, les coureurs seront à "seulement" 1800m. Il en restera donc 700 pour atteindre l'arrivée.


Une route cabossée au soleil


Malgré des portions à l'ombre grâce aux quelques arbres présents le long de l'ascension, c'est en plein soleil qu'il faut escalader ce versant. Rare est la végétation, ce qui ne permet pas de protéger la route des rayons du soleil. Il faut être armé d'eau pour se lancer à l'assaut des 19km (qui peuvent être très longs une fois à sec). Il n'y a quasiment aucune habitation sur le trajet pour remplir les bidons.

Le décor environnant est semblable au sommet du Ventoux. Un air de désert légèrement bucolique s'installe autour de la route. Sur la majeure partie de la montée, on se retrouve un peu seul, isolé. Le paysage possède un certain charme mais reste un brin monotone. Certes les coureurs professionnels n'en ont guère à faire, mais pour les cyclos, détachés de l'aspect purement sportif, c'est l'environnement qui prime. Les cailloux entourent le bitume. Si chaleur il y a, elle se ressent encore plus avec le réfléchissement. Heureusement que l'altitude vient atténuer les températures trop caliente. Il ne manque plus qu'à rajouter un bitume très abîmé, très hostile, ne permettant pas un rendement idéal. Le tout pour parfaire toutes les conditions d'une ascension difficile.

📸 Crédit by ; Myloview


Avec notre indice de difficulté de 314 (au-dessus du Tourmalet par exemple), la Sierra Nevada est peut-être un lieu parfait pour s'entrainer mais elle est également un endroit de souffrance pour tous les cyclistes. Le savoureux mélange de distance, altitude, environnement très différent de ce qu'on retrouve ailleurs en Espagne, nous subjugue et en font une ascension à faire une fois dans sa vie.Même si elle diffère de ce qui se fait habituellement, la Sierre Nevada vous mène au nirvana. Dans ce qui est la marque de fabrique espagnole : si exigeant, si dur, si Vuelta.





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