Colbrelli écrit la légende de Paris-Roubaix

Cette édition 2021 de Paris-Roubaix restera dans la légende, par ses conditions, son scénario et son vainqueur, Colbrelli, qui participait à la course pour la première fois. La Reine des classiques s'est faite attendre et sait se faire attendre. Le plaisir fut immense et les souvenirs gravés. Récit d'un dimanche hors normes.


La pluie du week-end nous laissait imaginer que l'édition 2021 de Paris-Roubaix serait légendaire, à bien des égards. D'abord parce que l'Enfer du Nord se déroulait pour la première fois en octobre mais aussi parce que les conditions climatiques, dantesques, laissaient entrevoir un scénario de course épique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous n'avons pas été déçus.


C'est au kilomètre 72 que la course a basculé. Un démarrage stratosphérique de Van der Poel, qui a eu raison de tous les autres favoris. Lampaert a tenté de résister sans succès. Paris-Roubaix donnait déjà un première indice sur le successeur de Philippe Gilbert, revenu comme une fusée sur Colbrelli et Boivin. Pourtant la course semblait mal embarquée pour lui, Moscon ayant merveilleusement joué le coup en prenant l'échappée matinale. Un coup quasi parfait jusqu'à cet enchaînement digne des meilleures tragédies : crevaison puis chute pour le coureur Ineos.

Dès le départ, la course fut historique. L'échappée du jour, de plus de trente coureurs dont des grands noms comme Moscon ou Van Avermaet ainsi que des jeunes talents, ont directement planté le décor du mythe que nous allions vivre, sous nos yeux. Ces jeunes talents justement, Eekhoff et Vermeersch, auront fait une grande partie de la course en tête et nous ont offert un superbe numéro, ouvrant la voie à travers les secteurs pavés, boueux, glissants. Evidemment pas suffisant pour tromper les grands favoris du jour. Car la course n'a pas tardé à se décanter, marquée par des attaques, des chutes et des crevaisons, parfois dans des moments stratégiques comme pour le pauvre Florian Sénéchal. Les chutes justement auront eu raison de Mads Pedersen, Peter Sagan ou Sep Vanmarcke.


Bilan, on avait rarement vu un aussi petit groupe rentrer dans la trouée d'Arenberg, à la poursuite de l'échappée, toujours en tête. Van der Poel, a débuté son show, mettant en difficulté certains leaders. Si Wout Van Aert, ralenti par une chute, fut brièvement piégé, les favoris se sont regroupés, à part Sénéchal, dont la double crevaison lui a coûté la victoire. Un bien lourd tribu malheureusement si fréquent sur Paris-Roubaix.


Après la pluie vint le beau temps. L'attaque terrible de Mathieu van der Poel a rallumé la lumière et ramené le soleil sur la fin de course. Accompagné de Colbrelli, toujours aussi impressionnant, et de la surprise Boivin, le Néerlandais a mené la chasse derrière un phénoménal Moscon, dont la meilleure place sur la course était une 37e position. Mais l'Italien, parti dans un numéro de soliste, rêvait sans doute de faire encore mieux que Silvan Dillier, en 2018. Derrière, c'est la légende de Roubaix qui se met en marche. Trois coureurs pour une première et Colbrelli qui remporte son premier Monument pour sa première participation. Historique.


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